Mission de bénévolat au Sénégal : 2 semaines dans l’école maternelle de Ndiarone 

Mission de bénévolat au Sénégal : 2 semaines dans l’école maternelle de Ndiarone 

Durant notre tour du monde, nous avons cherché à faire du bénévolat à plusieurs reprises. Force est de constater que sans contact sur place, il est très difficile de trouver des missions. Bien heureusement, j’ai la chance d’avoir un cousin plein de ressources et avec un réseau grand comme ça. Son nom : Amadou Ba. Je vous conseille d’ailleurs de le suivre sur Facebook car il écrit quotidiennement sur les évènements en France et en Afrique. Amadou m’a gentiment donné les coordonnées de plusieurs associations. C’est ainsi que je suis entrée en contact avec Nadine, Vice-Présidente de l’association Tche Kanam, et que nous avons pu réaliser une mission de de bénévolat au Sénégal.

Mission de bénévolat au Sénégal
Bienvenue à l’école de Ndiarone

La rencontre avec Nadine, une femme d’exception

Nadine a tout de suite semblé emballée par notre projet de bénévolat et notre tour du monde. Nous avons échangé et avons rapidement trouvé un accord. Nous irons passé les deux dernières semaines de juin dans la première école maternelle que l’association Tche kanam a créée. L’école se situe dans le village sérère de Ndiarone. Fondée en 2003, Tche kanam oeuvre dans l’éducation en établissant des écoles maternelles au Sénégal. Tche Kanam signifie ‘En avant’ en wolof. Cette expression a été choisie en hommage au cri de ralliement derrière les Lions du Sénégal lors de la Coupe du Monde de football de 2002. Vous vous souvenez ? C’est l’année où la France s’est faite éliminer par le Sénégal 😉

mission de bénévolat au Sénégal
Nadine, à gauche et en blanc, à l’occasion de la fête de l’école qui sonne le début des grandes vacances

Lors de notre première rencontre avec Nadine à notre arrivée au Sénégal, nous en apprenons davantage sur l’association et les multiples projets menés par Nadine. Un web-documentaire sur les femmes du Sénégal, la création de trois écoles maternelles ou encore des journées de sensibilisation ne sont que quelques exemples de projets réalisés par Nadine. Motivés et inspirés par tant de bonne volonté et de persévérance, nous partons plus motivés que jamais dès le lendemain matin pour entamer notre mission de bénévolat.

15 jours intenses dans l’école maternelle Tche Kanam de Ndiarone

Intense est le mot qui résume bien ces deux semaines ! Cette expérience a été aussi bien intense physiquement que humainement. Eh oui, reprendre un rythme de travail après 10 mois de vacances, ça pique ! Mais cela valait chaque minute car nous avons énormément appris et espérons aussi avoir semé quelques graines.

Une première journée sous le signe des coquillages

Nous commençons notre bénévolat au Sénégal par la Journée de l’école qui regroupe les enfants des grandes sections des trois écoles maternelles créées par l’association. Au programme, excursion sur l’île de Fadiouh, aussi appelée l’île aux coquillages. Ici, on ne voit plus le sable tellement le sol est recouvert de coquillages laissés par les femmes qui récupèrent les coques. C’est très sympa et la journée est rythmée au son des djembés. La centaine d’enfants chante, danse, découvre la vie sur l’île et se dispute sans cesse pour tenir la main des toubabs, autrement dit de Nadine et nous.

Les grandes sections assistant à la Journée des Ecoles, mission de bénévolat au Sénégal
Les grandes sections des trois écoles de Tche Kanam assistant à la Journée des Ecoles

Dans la peau des instituteurs

Le lendemain, nous assistons à la journée pédagogique où l’inspecteur fait le bilan de l’année avec les institutrices et animatrices. Il en profite également pour revoir les droits et devoirs des membres de l’éducation nationale. C’est là que nous nous rendrons compte des disparités entre les systèmes français et sénégalais. Cette session a été très instructive pour nous qui ne sommes pas experts dans le domaine de l’éducation des plus jeunes.

Le vrai travail commence vraiment à l’école de Ndiarone !

C’est à partir du mercredi que les choses sérieuses débutent. La première journée en classe nous laisse bouche bée. A peine arrivés à l’école, les enfants suivent 30 minutes d’éducation musicale. Dibor – animatrice et directrice de l’école de Ndiarone –  est au djembé, les enfants chantent en français, en sérère et en wolof, et se mettent à danser – de quoi vous donner des complexes quand on voit leurs moves ! Nous apprécions cette énergie dès le matin avant que chaque groupe ne rejoigne sa section.

Maïmouna, l'assistante par intérim au djembé avec son fils Philippe, mission de bénévolat au Sénégal
Maïmouna, l’assistante par intérim au djembé avec son fils Philippe

Autre constat qui nous scie, le nombre d’écoliers… La classe se compose d’une grande salle divisée en quatre. Ce qui signifie que les 52 élèves sont tous dans une seule et même classe sous la supervision d’une animatrice et d’une aide. On vous laisse imaginer la cacophonie parfois et la difficulté à gérer un aussi grand groupe à deux personnes ! Autant dire que deux nouvelles paires de bras étaient les bienvenues.

Même si nous avons surtout observé et donné un coup de main le premier jour, nous avons vite fait preuve d’initiatives. Dès le second jour, nous avons fait des propositions d’activités manuelles et pédagogiques à Dibor avec le matériel à disposition. Dibor nous a gentiment laissé carte blanche. Entre les guirlandes et drapeaux faits par les grandes sections, les papillons et arcs-en-ciel réalisés par les moyennes sections, et les poules et arbres des petites sections, nous avons vite re-décorés la classe. Nous avons aussi fait quelques tests comme introduire le découpage, la géographie, la balle au prisonniers ou encore une séance d’éducation physique avec étirements et positions à tenir. Les enfants ont adoré !

Réalisations des enfants de l'école - mission de bénévolat au Sénégal
Réalisations des enfants de l’école
Nous à l'école. Un plaisir de travailler avec ces petites bouilles, mission de bénévolat au Sénégal
Nous à l’école. Un plaisir de travailler avec ces petites bouilles !

Notre constat sur cette mission de bénévolat au Sénégal

Cette expérience a été fascinante du début à la fin. Il a été très simple de relever les challenges qui se dressaient devant nous : le grand nombre d’élèves, la chaleur, la barrière de la langue, se faire accepter par les enfants, etc. Ceci grâce au soutien de Dibor et de son assistante, et à la patience et à l’enthousiasme des enfants. Un grand merci à tous !

Dibor et quelques enfants de l'école, mission de bénévolat au Sénégal
Dibor et quelques enfants de l’école

Les wouah ! de ces deux semaines de bénévolat au Sénégal

Nous avons été impressionnés par l’école pour plusieurs raisons :

  • L’infrastructure est remarquable compte tenu de la taille du village. L’école est très bien équipée et est un lieu agréable pour grandir. Le petit-déjeuner distribué quotidiennement plaît énormément aux enfants.
  • L’école est devenue un élément central, même un repère, dans le village de Ndiarone. Les populations ont compris l’importance de l’éducation dès le plus jeune âge.
  • Les enfants sont plein de bonne volonté. Nous les avons trouvés très vifs et bien éveillés, surtout les tout petits.
  • Nous avons été agréablement surpris par l’entre-aide entre les enfants, toutes sections confondues. Les plus grands sont toujours prêts à aider les plus petits. Certaines filles se comportent déjà comme de vraies petites mamans !

Nous en profitons aussi pour saluer le travail de Dibor et de son assistante qui à elles deux préparent avec ferveur les futurs générations sénégalaises !

Les enfants de l'école de Ndiarone - Mission de bénévolat au Sénégal
Les enfants de l’école de Ndiarone

Les pistes de progrès pour l’école de Ndiarone

Bien entendu, nous avons aussi relevé plusieurs axes d’amélioration qui seront – nous l’imaginons – adressés dans le futur.

  • Le matériel manuel pour la petite section est très limité et il était parfois compliqué de trouver des activités pour les divertir.
  • Les enfants n’utilisent pas les toilettes et préfèrent faire pipi dans la cour (ils auraient peur du trou dans les toilettes à la turque).
  • Les écoliers ont la mauvaise habitude de grignoter des sucreries à longueur de journée, puis de jeter les emballages par terre bien qu’il y ait une poubelle.
  • Ces petits anges aux airs adorables se frappent très facilement : tu m’as poussé pendant la danse ? Prends ma main ou mon petit poing… Rien de bien méchant cela dit, et un regard suffit à les arrêter.
Les enfants de l'école de Ndiarone, mission de bénévolat au Sénégal
Les enfants de l’école de Ndiarone

Autre aspect de notre mission de bénévolat au Sénégal : l’immersion totale dans le village sérère de Ndiarone

Situé entre Fadiouh et Joal, Ndiarone est un village comme on rêve d’en voir lorsque l’on visite l’Afrique. Niché entre rôniers et baobabs, le village se compose de concessions (propriétés par famille) regroupant des cases de terre ou de parpaings. Dibor, qui est aussi la fille du chef du village, nous a accueillis comme il se doit chez elle.

Voici le cadre dans lequel nous avons vécu à Ndiarone, pas mal non ? Mission de bénévolat au Sénégal
Voici le cadre dans lequel nous avons vécu à Ndiarone, pas mal non ?

Au village, comme à la maison

Ainsi, pendant les 15 jours de notre mission de bénévolat, nous avons vécu au rythme du village qui vit principalement de l’agriculture (millet et arachides) et de l’élevage (boeufs, cochons, chèvres, poules…) Nous avons d’ailleurs appris que tous ces animaux constituent les animaux domestiques au Sénégal. Ici, on vit au milieu des ânes, chevaux et chèvres comme on vit avec ses chiens et ses chats en France. Après une semaine d’observation et d’adaptation, nous avons rapidement pris part à la vie du village et faisions presque partie du décor. Nous participions aux tâches ménagères, jouions avec les enfants de la concession, cuisinions avec Dibor, allions au marché ou à la boutique lorsqu’il manquait quoi que ce soit, les gens nous saluaient par nos prénoms dans le village, etc.

bénévolat au Sénégal
La concession de la famille de Dibor

Nous avons aussi eu la chance d’assister à la toute première pluie. Le paysage est devenu apocalyptique avec un ciel noir et un énorme nuage de poussière se soulevant. Une fois que la tempête de sable a balayé violemment la concession, la pluie s’y est donné à coeur joie. Et les enfants aussi ! Et deux jours après, l’herbe poussait déjà, impressionnant !

La débordante d'énergie Agathe, la fille de Dibor, mission de bénévolat au Sénégal
Agathe, débordante d’énergie, est la fille de Dibor

Notre constat sur notre séjour au village de Ndiarone

Que du positif aussi !

  • Le village est un petit coin de paradis. Le cadre, les levers et couchers du soleil sont à couper le souffle !
  • La population du village a été plus qu’accueillante, surtout la famille de Dibor. Sa maman Ndew, qui est une femme très courageuse, nous a cuisinés de succulents repas tous les midis et apportait l’eau tous les jours malgré la dureté de la tâche.
  • La vie d’une femme est difficile au village. Malgré tout, celles-ci gardent la pêche du matin au soir. Respect !
  • Les conditions rudimentaires du village – pas d’eau courante et pas d’électricité – nous ont une fois de plus rappelés à quel point nous sommes privilégiés. Cuisiner et manger dans le noir, ne pas pouvoir stocker de nourriture dans un frigo ou charger son téléphone, et on en passe… sont des luxes de nos sociétés que le village ne peut se permettre. Malgré tout, on s’y habitue vite et la vie suit son cours.

Quelques scènes de vie au sein du village de Ndiarone

Mission de bénévolat au Sénégal
Rosalie, tante de Dibor, qui coiffe sa fille Virginie
Bernadette, une des filles de Rosalie, à l'élastique - mission de bénévolat au Sénégal
Bernadette, une autre des filles de Rosalie, à l’élastique
Mission de bénévolat au Sénégal
Pape, Moussa 1 et Moussa 2 à l’arrière sur la charette, prêts à récupérer l’eau
Mission de bénévolat au Sénégal
Dibor à la popotte / Moi la toubab avec la grand-mère de Dibor, Ndew la mère de Dibor, et la petite Mama Ndiougue, nièce de Dibor
Antoine à la lessive. Un homme qui fait une tâche ménagère, ça fait jaser hehe !

Nous ne pouvions pas espérer mieux en termes d’expérience authentique. Mille mercis à Nadine et à l’association Tche Kanam de nous avoir offert cette opportunité, à Dibor et à sa famille pour l’accueil chaleureux et aux enfants d’avoir illuminé chacune de nos journées à l’école.

4 Replies to “Mission de bénévolat au Sénégal : 2 semaines dans l’école maternelle de Ndiarone ”

  1. C’est une superbe expérience pour vous et toi Antoine qui a été au contact de Danièle baigné dans cet univers de la scolarité. Mais peut être toi aussi Jenny.
    Je suis sûr que votre tour du monde qui arrive à son terme va vous laissez des souvenirs impérissables.
    Félicitations pour la qualité de vos articles et de la manière dont nous faîtes vivre votre voyage.
    Bisous à tous les 2 . Nicole et Jean et Allez la France

    1. Merci Jean ! Ça a été une belle découverte pour tous les deux. On va revenir avec des tas d’histoires à partager. Au plaisir d’en parler à notre retour ! Merci pour tes encouragements, on va continuer à écrire même quand on sera rentrés. Bisous à vous deux

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