De Moscou à Pékin, notre expérience du Transmongolien

De Moscou à Pékin, notre expérience du Transmongolien

Chaque fois que tu annonces que tu pars faire un tour du monde, la première question concerne toujours l’itinéraire. Et quand nous précisions que nous commencions par prendre le Transmongolien pour rejoindre Pékin via la Mongolie, les questions fusaient ! J’ai donc demandé à mes meilleures amies de rassembler leurs questions pour concocter un article sur notre retour d’expérience. En voici donc le résultat du questions-réponses.

transsibérien

Cindy : Quel a été le paysage le plus impressionnant ? (Photo à l’appui bien sûr)

Il paraît que les plus beaux paysages sur le parcours du Transmongolien sont ceux entre le Lac Baïkal (Sibérie orientale) et la Mongolie. Manque de bol, nous avons parcouru ce tronçon de nuit donc nous ne saurons jamais… Mais de ce que nous avons vu, nous dirions les forêts de pins aux couleurs automnales de la Sibérie orientale, peu avant Irkoutsk et la région du Lac Baïkal. C’est simple, nous avons pris des dizaines de vidéos. Les pins jaune pétant se mêlaient aux petits lacs, villages, églises, etc. Un vrai tableau d’impressionniste qui défilait devant nous pendant des heures… Au final, les paysages se ressemblent mais difficile de détacher les yeux devant tant de beauté !

Transsibérien
Forêt de pins en Sibérie

Bérangère : Quelle a été la rencontre la plus marquante à bord du Trans-mongolien ?

Même si nous avons fait plusieurs belles rencontres à bord, nous dirions un couple de Russes cinquantenaire qui partageait notre cabine dans le premier train entre Moscou et Novossibirsk, et dont nous ne connaissons même pas les prénoms ! Ils ne parlaient pas un mot d’anglais et nous pas un de mot de russe, mais nous parvenions à avoir de brefs échanges et beaucoup de rires. Très attentionnés et habitués du train, il nous expliquaient tant que bien mal comment les choses fonctionnaient à bord : la fermeture des toilettes pendant les arrêts, comment utiliser le robinet, l’organisation de la cabine, etc. Ils nous ont conforté dans notre vision du Russe sociable et avenant.

Nos colocs russes pendant 2 jours dans le Transmongolien de Moscou à Novossibirsk
Nos colocs russes pendant 2 jours dans le Transmongolien de Moscou à Novossibirsk

Gloria : A l’issue de l’expérience et avec un certain recul, si c’était à refaire, qu’est-ce que tu changerais pour améliorer l’expérience ?

Sans hésitation – nous aurions choisi de faire un tronçon du chemin en Russie en 3ème classe ! Nous avons rencontré beaucoup de touristes qui avaient voyagé ainsi classe en Russie. Etant les seuls touristes à bord du wagon de 52 couchettes sans cloison, ils étaient l’attraction de la voiture. Les Russes, curieux et avides de créer du lien, leur apprenaient à jouer au Stupide (jeu de carte que nous apprendrons ensuite en Mongolie), offraient volontiers nourriture et vodka et communiquaient par signes et via Google Translate. Nous aurions adoré baigné dans cette atmosphère 100% russe mais au final, nous n’avons pas été mal lotis non plus…

Koupé pour 4 personnes en seconde classe
Koupé pour 4 personnes en seconde classe

Nous avons voyagé en 2nde classe dans ce qu’on appelle un koupé de 4 personnes. Nous avons d’abord partagé notre cabine avec un couple de russe adorable, puis avec des Australiens et enfin avec un jeune de couple de Français avec qui nous avions déjà fait une petite partie du voyage en Mongolie !

May Si : Qu’est ce qui t’a le plus surpris durant le voyage ?

La diversité des passagers. Nous avons eu droit à tout : des nouveaux nés, des étudiants en césure, des plus anciens, des Russes, des Indiens, des Mongols, des Chinois et pas mal d’Occidentaux, et même des animaux de compagnie. Au final, en termes de passagers dans notre wagon, nous sommes passés du plus local au plus touristique : nous n’étions qu’avec des Russes au départ, puis pour Ulan Bator nous étions dans un wagon réservé aux backpackers (les soirées étaient plutôt fun avec vodka à profusion !) et en se rapprochant de la Chine, notre wagon était encore réservé aux touristes, mais principalement des Français !

Partie d'échecs avec un compatriote
Partie d’échecs entre compatriotes français

Et pour la petite histoire, il y avait même un couple d’Européens qui s’était rencontré dans le transsibérien 20 ans plus tôt et qui fêtait son anniversaire de mariage à nouveau dans le transsibérien. Si c’est pas beau, ça !

Notre wagon réservé aux backpackers de Irkoustsk à Ulan Bator
Notre wagon réservé aux backpackers de Irkoustsk à Ulan Bator

Gloria : Si tu pouvais revenir en arrière et apporter une chose supplémentaire à bord du Transmongolien, qu’est-ce que ce serait ?

Cela peut paraître superficiel, mais je dirais une paire de pantoufles plus pratiques. Les chaussons ou les claquettes sont indispensables à bord du train. On ne circule pas avec ses chaussures dans la cabine, et c’est un peu normal, c’est notre chambre et seul lieu de vie pendant plusieurs jours. J’avais des chaussons en coton qu’il fallait enfiler avec les mains (chiant !) avec une semelle non étanche (sympa quand j’allais aux toilettes car il y a toujours un peu d’eau par terre (j’aime à pense que c’était de l’eau…). Se baisser 50 fois par jour pour les enfiler devenait vite agaçant donc je volais les claquettes d’Antoine dès que je pouvais. On recherche au maximum le confort et la simplicité  à bord. D’ailleurs, à peine montés à bord du transsibérien ou Transmongolien, les Russes enfilent leur jogging ou leur pyjama. On est comme à la maison !

transsibérien

Lucie : Questions plus pratiques, quel est le budget nécessaire pour cette expérience et comment s’y prendre pour acheter les billets ?

Pour le budget, cela peut être raisonnable si l’on prend ses billets soi-même en ligne sur le site de rzd.ru et que l’on mixe entre 2nde et 3ème classe. Nous sommes passés par l’agence anglaise Real Russia pour nous faciliter la vie et parce que nous pouvions annuler dans le cas où l’un de nous n’aurait pas son visa. Les prix sont évidemment plus élevés (environ 20%) donc je recommande de les prendre en ligne. Pour le tronçon Ulan Bator – Pékin, mieux vaut les prendre en avance via une agence si vous êtes peu flexible avec votre temps car il n’y a que deux trains par semaine et ils peuvent être vite pris d’assaut en haute saison. Prendre ce billet en ligne est difficile car le site n’est pas en anglais il me semble.

Notre train de Moscou à Novossibirsk
Notre train de Moscou à Novossibirsk

Au total pour ces trains, nous avons payé 700 euros par personne en seconde classe. C’est plus cher qu’un Paris-Pékin en avion mais tellement plus authentique. Nous avons aimé voyager en train et prendre le temps de voir les paysages changer. De plus le train offre le temps de la réflexion, de la lecture, de l’échange.. Et pas de problème de jet lag à l’arrivée !

Voici ci-dessous le détail des prix par billet :

  • Moscou – Novossibirsk : €183.68
  • Novossibirsk – Irkoutsk : €147.01
  • Irkoutsk – Ulan Bator : €145.64
  • Ulan Bator – Pékin : €223.17
Arrivée à Pékin par le train, fin du périple à bord du transmongolien
Arrivée à Pékin par le train, fin du périple à bord du transmongolien

Voilà ! On espère vous avoir donné envie de tenter l’expérience Transsibérien ou Transmongolien un jour et que ces informations vous seront utiles.

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