Coroico, à la rencontre (ou pas) des communautés Afro-boliviennes

Coroico, à la rencontre (ou pas) des communautés Afro-boliviennes

Quand on entend parler des Yungas, on pense souvent à la route des Yungas, autrement dit à la Route de la Mort entre La Paz et Coroico. Nous, on veut surtout vous parler des communautés qui vivent dans les Yungas, aux alentours de Coroico. Et plus précisément des Afro-Boliviens. Lorsque nous avons découvert qu’il existaient des communautés africaines en Bolivie, nous avons décidé d’aller à leur rencontre depuis le village de Coroico.

Petite vue depuis Coroico
Petite vue bien sympa depuis Coroico

Quelques mots sur l’histoire des Afro-Boliviens

Au 16ème siècle, les Espagnols ont découvert la mine de Potosi et son extraordinaire richesse en argent. Ils ont tout de suite envoyé de force les indigènes boliviens pour exploiter la mine, c’est ce qu’on appelait la mita. Cependant, les pertes humaines devenant de plus en plus importantes, les colons ont demandé à la Couronne de Madrid l’envoi de 2.000 esclaves africains par an. Au total et à partir du 17ème siècle, environ 30.000 esclaves d’Afrique ont été envoyés à Potosi. Beaucoup y ont aussi laissé la vie. En plus de travailler dans la mine, les Africains étaient forcés de travailler comme mules humaines, raffineurs ou domestiques.

Une fois leur émancipation acquise, les Africains ont été envoyés dans les haciendas (propriétés) de la région des Yungas, au nord de La Paz pour cultiver l’or vert : la coca. Coroico fait partie de cette région, c’est pourquoi nous y sommes allés.

Bienvenue au village coloré de Coroico

Graffiti à Coroico
Graffiti à Coroico

Partis en bus depuis la station de bus du nord de La Paz, nous étions ravis de voir les montagnes être remplacées par une végétation luxuriante. Mais surtout, de sentir la chaleur sur notre peau et de respirer à pleins poumons à nouveau ! A peine arrivés, nous sommes sous le charme du village. L’héritage africain n’est pas réellement présent dans l’air puisque la majorité de la population est aymara (indigène de Bolivie). Cependant, les couleurs, la beauté du village et les locaux regardant le temps passer depuis la place centrale nous plaisent tout de suite.

Eglise de Coroico sur la place centrale
Eglise de Coroico sur la place centrale

On a très vite fait le tour du village qui regorge de restaurants et d’hostels. Néanmoins, on ne se lasse pas de la vue autour du village : montagnes, bananiers, orangeraies, etc. Quant au marché central, il est plutôt grand compte tenu de la taille du village et la piscine municipale plus que tentante…

Piscine de Coroico, tentante de loin car elle ne paraît pas des plus propres de près...
Piscine de Coroico, tentante de loin car elle ne paraît pas des plus propres de près…

Notre excursion  » échec total  » à Tocaña pour rencontrer les communautés Afro-Boliviennes

Tous les locaux se sont accordés pour nous dire que Tocaña était un village non loin de là qui abritait une communauté afro-bolivienne. Nous y sommes allés à pied étant donné que l’application Maps.me propose un trek Coroico-Tocaña.

Trek de Coroico à Tocaña. Sur le papier, cela paraissait plus que faisable… Nous n’aurions pas dû écouter les locaux pour une fois.

Première partie de randonnée superbe

En route vers Tocana près de Coroico
En route vers Tocaña

Nous partons en fin de matinée vers Tocaña et sommes enchantés dès le début. La randonnée est un mélange de chemin de terre emprunté par presqu’aucune voiture et de chemins de randonnée à travers la jungle. Nous trouvons des tas d’orangers sur la route et nous régalons de leurs fruits bien mûrs. Nous croiserons ânes, chevaux, perruches, etc.

Sur la route de Coroico à Tocana
Sur la route de Coroico à Tocaña

Tout allait comme sur des roulettes jusqu’à ce que nous rencontrions un local qui nous conseille de prendre un autre chemin ‘plus simple’ que celui indiqué sur Maps.me. Et c’est là que la descente aux enfers a commencé…

Deuxième partie de randonnée… plus que chiante

Excuse my French mais ‘chiant’ est vraiment le mot approprié. Non seulement, il s’agissait d’un large chemin de terre plein de traces d’éboulements récents, mais en plus nous venions de nous rallonger d’une bonne heure. Le tout pour arriver sur une route bitumée ! Les voitures roulaient comme des dingues et nos tentatives d’être pris en stop se soldaient toujours par des coucous des conducteurs. C’est bien gentil mais ça ne nous aide pas…!

Roche qui s'effrite très facilement sur le chemin plein de traces d'éboulements récents, pas rassurant pour un sou..., coroico
Roche qui s’effrite très facilement sur le chemin. Il y avait plein de traces d’éboulements récents, pas rassurant pour un sou…

Arrivés au bout de notre désespoir, un homme nous sauve enfin et nous dépose au niveau du pont qui s’est récemment écroulé. Nous le traversons non sans peur et arrivons à la dernière partie de la randonnée.

Pont défoncé entre Coroico et Tocana
Pont défoncé entre Coroico et Tocaña

Je souhaite récupérer le chemin indiqué sur Maps.me mais notre sauveur nous propose un chemin plus facile. Mouais, on la connaît celle-là… Comme il avance avec nous, nous n’osons pas le froisser et suivons sa route. Au final, quasiment que du chemin de terre, bien plus long que prévu et tout en montée bien sûr. Avec la chaleur, j’étais au bout du rouleau ! Point positif : nous avons vu des Afro-Boliviens récolter de la coca dans un champ et avons brièvement échangé avec eux. 

Quelques Afro-boliviens travaillant dans les champs de coca près de Tocana, Coroico
Quelques Afro-boliviens travaillant dans les champs de coca près de Tocaña

Tocaña, un hammeau désertique

Une fois arrivés (enfin !) à Tocaña, c’est l’ascenseur émotionnel. La joie ne sera que de courte durée. On a faim, on rêve d’une limonade bien fraîche et surtout de nous écrouler sur un banc à chercher du réconfort auprès de locaux. Mais là, pom pom pom… Pas un chat, pas de place principale, pas un commerce… Le néant. Sauf une église. Mais où sont les gens ?? Nous demandons à un local Aymara – le seul que nous voyons aux alentours – où se trouve la place centrale car Antoine est persuadé que cela ne peut pas être la grande place :  » Mais vous y êtes !  »

Déception totale ! Le local nous indique une supérette et comment nous rendre voir la pulga, comprenez la puce ou l’assimilé anthropologue. Bon, au moins on apprendra des choses…

Place centrale à Tocaña. Le calme plat.
Place centrale à Tocaña. Le calme plat.

Rencontre avec la pulga

Nous arrivons à la maison/squat de l’anthropologue. On découvre autour de nous des posters des Beattles ou encore de Jimmy Hendrix, des vieux fauteuils et un coin cuisine. L’anthropologue nous accueille et commence à nous parler de Tocaña.

Graff' chez la pulga à Tocana près de Coroico
Graff’ chez la pulga

Son discours est assez passionnant : à Tocaña, on trouve des descendants d’esclaves venant majoritairement d’Angola, du Congo et du Mozambique. Sur les 140 habitants, presque tous cultivent la coca. D’ailleurs, si le village est vide en ce dimanche, c’est qu’ils sont aux champs à récolter la coca. Dommage pour nous… Finalement, nous croiserons quelques enfants qui jouent et des locaux en train de travailler mais clairement, on ne peut pas dire que nous avons établi un contact avec eux. Sniff… Après une bonne demi-heure à échanger avec la pulga, il est temps de repartir avant que la pluie ne ternisse encore plus cette journée. La rencontre avec la pulga a tout de même été une très belle rencontre !

 On ignore si ce surnon 'la puce' vient du fait qu'il était hyper actif et ajoutait des nouvelles feuilles de coca à sa chique toutes les 5 minutes.
La pulga et moi. On ignore si ce surnom ‘la puce’ vient du fait qu’il était hyper actif et carburait à la coca – comme beaucoup de gens en Bolivie. Vous remarquerez sa chique à gauche sur la photo…

Le saviez-vous ?

Il existe un roi et une reine parmi les Afro-Boliviens. Cependant, ce titre n’a qu’une valeur symbolique car ces monarques continuent à cultiver la coca. Le roi et la reine représentent surtout les esclaves qui ont été envoyés de force en Bolivie. Le roi a été couronné par le Gouverneur de la Paz en 2007.

Informations pratiques pour un séjour à Coroico

Où dormir à Coroico

Nous avons visité cinq ou six auberges autour de la place centrale et aucune ne nous a inspirés. Les lits respiraient la puce de lit ! Nous avons donc choisi l’hôtel Bellavista qui jouit d’une très belle vue – d’où son nom – et est en plus vraiment classe. La gérante et sa fille, des Afro-boliviennes, sont adorables. Pour 21 € la nuit, vous pouvez dormir en chambre double avec salle de bain partagée et petit-déjeuner inclus.

Le restaurant de l'hôtel Bellavista à Coroico
Le restaurant de l’hôtel Bellavista à Coroico

Où bien manger à Coroico

Mama mia, on a bien mangé ! Et il y a l’embarras du choix… Voici ce que nous avons testé.

Le restaurant Camelot

Le cadre est sympathique, la carte bien fournie et le service agréable. Pour 40 bs (4,70 €) par personne, vous avez un plat de pâtes et un jus maison. Les pâtes Alfredo, similaires aux carbonara mais avec des champignons et oignons, sont délicieuses !

Le restaurant de fondue La Casa

Pour 30 bs (3,50 €) par personne, vous pouvez déguster une fondue de fromages bolivien et argentin. Moi qui ne suis pas une grande fan de fromage, je me suis régalée. Et je ne vous parle pas d’Antoine ! Le restaurant est situé sur la place centrale.

Fondue à Coroico
Fonduuuue !
Le restaurant Bon appétit

Si vous avez le mal du pays, allez vous faire une petite salade et une crêpe là-bas. Les prix sont très corrects de mémoire. Pour deux crêpes, une salade bien fournie et une limonade, nous avons dépensé 45 bs (5,30 €).

Bon à savoir pour organiser votre séjour

  • Les bus pour La Paz-Coroico partent du terminal au nord de La Paz. Le prix du billet est de 20 bs (2,25 €) par personne. Le mieux pour s’y rendre est de faire la Route de la Mort depuis La Paz qui se termine à Coroico pour faire d’une pierre, deux coups. Comptez une trentaine d’euros pour cette expérience incroyable que nous avons manquée.
  • Vous pouvez aller à Tocaña depuis Coroico en taxi. Demandez à votre hôtel de vous organiser cela. Des tours sont aussi disponibles dans les agences de Coroico pour aller voir les communautés africaines mais nous sommes un peu mal à l’aise avec ce format.
  • Nous sommes rentrés en bus de Tocaña à Coroico. Nous avons pu prendre un bus qui passait par là après le pont pour 7 bs (0,80 €) par personne.
  • Si vous voulez faire la randonnée jusqu’à Tocaña, prévoyez sandwiches, eau, crème solaire et 3 tonnes de spray anti-moustiques. Malgré nos précautions, nous sommes revenus ravagés comme jamais. Et ça graaaaatte !
Vue depuis l'hôtel Bellavista à Coroico
Vue depuis l’hôtel Bellavista à Coroico

Budget pour notre virée à Coroico depuis La Paz

Pour deux personnes et un séjour de trois jours et deux nuits à Coroico, nous avons dépensé 722 bs, soit 85 euros.

  • Transports : 100 bs (12 €)
  • Hébergement : 360 bs (42 €)
  • Nourriture : 262 bs (31 €)

Voilà, on ne vous a pas vendu du rêve sur cette excursion improvisée mais l’ambiance relax de Coroico vaut tout de même le détour. Beaucoup de randonnées et activités aquatiques (rafting, etc.) sont possibles depuis Coroico. Aussi, d’autres villages aux alentours de Coroico comme Chulumani vous garantissent de réellement baigner dans un héritage africain.


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